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Cirque Buren, un projet solidaire

A l'occasion de la mise en place des représentations du cirque Buren aux Fours à Chaux de Regnéville-sur-Mer, en juillet 2016, un partenariat a été décidé avec l’Association Parentale pour l’Éducation et l’Insertion des personnes déficientes (APEI) du Centre Manche.
Ainsi une dizaine de personnes en situation de handicap ont travaillé de concert avec les équipes du cirque Buren et celles du conseil départemental pour :

  • gérer et organiser la restauration des équipes sur site,
  • monter et démonter les chapiteaux.

L'objectif principal de ce projet était de valoriser les personnes en situation de handicap en les impliquant totalement dans un projet culturel.

L'objectif a été largement atteint et les mots qui reviennent le plus souvent lors des échanges avec les différents protagonistes sont "convivialité" "intégration" "fierté" "curiosité" "implication" "motivation".

Retour avec Fabien Demuynck, co-fondateur de la compagnie Buren Cirque, sur le Cirque Buren à Regnéville-sur-Mer.
Le spectacle Cabanon a été créé en avant première à Circa (Auch) en 2015 puis a été présenté à Singapour, à Amiens à la Fondation Vuitton à Paris : jusqu’alors, il s’agissait d’implantations en ville et dans des lieux d’excellence culturelle. A Regnéville-sur-mer, le premier choc consistait donc en l’implantation de ces trois chapiteaux « cabanons » dispersés dans les éléments naturels. Daniel Buren a vu son œuvre et a beaucoup aimé la présence, à côté des Cabanons, des fours à chaux , avec leurs imposantes constructions en pierre brut ; Il a souligné l'incroyable force de ces fours à chaux en résonance avec les Cabanons

► Une découverte pour les jeunes de l'APEI

L'accueil aux Fours à Chaux du Rey, à Regnéville-sur-Mer

Ainsi Séverine Pessin, responsable du site de Regnéville, témoigne : "Les jeunes de l'APEI étaient répartis en équipes. Certains montaient et démontaient les chapiteaux alors que les autres cuisinaient.
Ce qui est le plus remarquable c'est que chacun a eu l'occasion de "toucher à tout".  Très motivés, les jeunes de l'APEI ont souhaité seconder les agents du musée pour accueillir le public et effectuer le contrôle des billets. Très curieux de tout, ils se sont organisés pour assister au spectacle à tour de rôle et, à leur arrivée, ils ont été ravis de pouvoir suivre la visite guidée des Fours à Chaux.

L'ambiance était très conviviale et l'intégration ou l'inclusion complète puisque toutes les équipes (APEI, BUREN) étaient logées, ensemble, au camping de Montmartin. Le soir, ils ont partagé des pique-niques sur la plage mais aussi une soirée 1/2 finale de la coupe d'Europe ; un grand moment semble t-il ! 

Très fiers, les jeunes de l'APEI sont même venus nous voir le dernier jour pour nous apprendre que Fabien, de Buren Cirque, leur avait proposé de les accueillir pour faire un stage de cirque !"

Anecdote racontée par Séverine : " Avec Fabien, le directeur du cirque Buren, nous discutions quand on a vu arriver les jeunes de l'APEI en courant. Fabien très étonné : "et bien c'est la première fois que je vois des personnes aussi enthousiastes et courir pour venir travailler ! ". Et c'est vrai ! C'est vraiment l'enthousiasme qui a animé l'équipe de l'APEI pendant cette expérience.

Une partie de l'équipe cuisine

Les jeunes de l'IME participent au montage des chapiteaux

Une partie de l'équipe montage

Arnaud Sauvage, chef monteur, a partagé, quant à lui, 15 jours de montage des chapiteaux avec les jeunes de l'IME. « Les journées étaient rythmées. Nous avions un temps déterminé pour monter l'ensemble des chapiteaux et nous ne pouvions donc pas ralentir la cadence parce que nous faisions équipe avec des personnes d'un institut médico-éducatif. Notre challenge était alors de conserver le même rythme. Et le défi a été relevé puisque les délais ont été respectés… avec même ½ journée d’avance au montage et au démontage ! »

Le 2 juillet, les équipes de Buren et de l’APEI se rencontraient pour la première fois. Tout au long des 2 semaines de travail en commun, de nombreux échanges ont eu lieu. Arnaud Sauvage nous confie que, durant les pauses, les jeunes de l’IME avaient de nombreuses questions sur les métiers de techniciens de l'événementiel et sur les parcours scolaires et professionnels associés. « Leur démarche n’était pas celle d’exécutants mais ils ont, à chaque moment, cherché à comprendre la logique de leur travail. Ils ont rapidement réussi à s’installer dans le rythme de travail des pros et ont vite assimilé les règles de sécurité. Ils étaient ravis de réaliser des nouveaux ateliers, bien différents de ceux effectués habituellement, et également de suivre un projet dans son ensemble … jusqu'à la finalité puisqu'ils ont pu accueillir le public et assister aux représentations ».

Pour que chacun puisse s’épanouir dans cette expérience l’équipe d’Arnaud Sauvage a veillé à conforter les jeunes de l’IME dans les tâches qu’ils maîtrisaient ou à les redéployer vers de nouvelles missions. Ainsi, chacun a pu mener à bien une activité et les éducateurs ont même découvert de nouvelles compétences des jeunes et ont été surpris positivement par leur comportement : « toujours à l’heure au travail et arrivant motivés et avec le sourire, respectant les règles de la vie en communauté… »

Le soir les séances de foot improvisées ou les discussions, bien installés dans des chaises longues, permettaient de prolonger ces moments d’échanges.

Arnaud Sauvage conclut l’échange en précisant que même au niveau des équipes pros cette expérience a été très enrichissante. D’une part grâce aux échanges avec les jeunes mais également parce qu'il a fallu mettre en place un nouveau protocole et de nouvelles façons de travailler avec des binômes inédits : « On a redécouvert notre travail ! »

Une expérience basée sur les relations humaines

Jean-Loup Vibert, animateur au foyer occupationnel pour adultes de Saint-Lô, était en charge de l’équipe de restauration. 
Pour l’ensemble des équipes ayant participé au projet, le poste restauration est un poste primordial ! La fierté de l'équipe restauration ? Avoir tous les jours servi l’ensemble des personnes à l’heure, dans une bonne ambiance et avec de bons plats !

Jean-Loup nous précise que le fait d’avoir monté le projet sous forme de séjour (tout le monde au camping) a vraiment permis l’inclusion. Les techniciens tout comme les artistes sont entrés dans la démarche à 100 % en intégrant chaque les jeunes du FOA ou de l’IME à part entière, sans différence.

De véritables échanges ont eu lieu « naturellement sans se forcer ». Pour Jean-Loup « la différence avec d’autres actions mises en place a sans doute été le vase clos. C’est ce qui a permis sans aucun doute l’inclusion totale. Cette expérience a été basée sur les relations humaines et ça a été une réussite

déjeuner d'équipe

Rencontre avec les jeunes de l'IME : un grand moment d'échanges ...

une ambiance conviviale

©François Levalet

Rendez-vous pris avec les jeunes de l'IME. Nous partons à la rencontre de Thomas, Jordan, Nicolas, Benjamin, Pïerre-Louis et Olivier.
Ce qui nous interpelle en premier c'est leur enthousiasme toujours intact ! Ils ont « adoré » ! D’ailleurs ils sont tous venus pour parler de leur aventure avec les équipes du cirque Buren. Ils se remémorent les moments passés avec les équipes de montage et les artistes : leurs temps d’échanges, la découverte de différents métiers et de l’univers du spectacle et les conseils donnés par les professionnels, la joie de travailler à un projet concret…

Quand on les questionne sur ce qu’ils ont retenu de cette expérience, les réponses fusent : « tous les moments partagés », « la vie commune », « le lien tissé avec l’équipe de montage et aussi avec celle des artistes ! » «les conseils d’Arnaud qui nous répétait que quand il y a un problème il faut se poser et réfléchir », « l’importance de la sécurité : mettre le casque, avoir de bonnes chaussures…» et aussi « l’importance de l’entraînement… On ne pensait pas qu’il fallait s’entraîner autant pour faire un spectacle ! ».

Quelques petites anecdotes de bons moments partagés racontés par Thomas, Jordan, Nicolas, Benjamin, Pierre-Louis et Olivier : "On se rappelle des batailles d'eau et Thomas qui est allé se baigner après le travail avec l'équipe de techniciens un soir. Le matin quand on arrivait au petit-déjeuner tout était déjà prêt : le pain coupé, les boisoons chaudes... C'était bien ! On avait parfois un peu de mal à se lever mais une fois debouts nous étions heureux d'aller travailler et d'être intégré aux équipes !"

Les encadrants de l’IME (Jean-Eudes, Alban, Laetitia, Thibaud, Christophe, Elodie et Edouard) qui les ont accompagnés lors de cette aventure partagent le même enthousiasme. Pourtant au départ ils avouent avoir ressenti une légère appréhension à la présentation du projet : est-ce que les jeunes allaient l’accepter ? Comment la vie commune allait se passer ? Le challenge n’était-il pas trop ambitieux ? Rapidement ils ont été soulagés par la réaction des jeunes qui ont tout de suite été fascinés par le projet et ont souhaité s’y investir. Tout au long de l’aventure les encadrants ont, eux aussi, été étonnés à la fois par le temps que les pros ont pris pour expliquer leur métier mais également par le lien sincère et fort que les jeunes ont réussi à tisser avec les techniciens et les artistes.

La fin du projet a été difficile pour les jeunes... Personne ne voulait partir ; preuve que cette expérience a été une belle aventure humaine et une totale réussite !

► Regard de Fabien Demuynck, co-fondateur de la compagnie BurenCirque, sur le projet

Un travail "génialissime"

Fabien Demuynck a été emballé par le projet et le travail avec les jeunes de l'APEI : "La rencontre sur le projet avec les jeunes en situation de handicap a été très positive. Le travail qui a été fait en amont avec les jeunes a été « génialissime ». Nous avions l'habitude de travailler avec des gens très au point techniquement et nous nous sommes aperçus qu'avec une bonne préparation, on peut faire le montage de la même façon. 
L’encadrement, les enseignants, les animateurs ont accepté la philosophie de ne pas avoir trop d‘idées arrêtées, de rester ouvert à ce qui serait présenté. Le projet était très bien mené : le planning de la journée mêlait à la fois journée de montage, travail sur le « chantier » et une vie de troupe sur le site tout comme au camping avec des moments de partages et d’échange.
Dès le 3e jour, certains jeunes couraient pour arriver sur le lieu de montage ! Nous savions tous que la pression était de pouvoir tenir le délai : quoiqu’il advienne, le spectacle allait démarrer mercredi 11 juillet à 21h,.. et tout a fonctionné."

Pour l'avenir encore plus d'implication


L'implication des uns et des autres a été une donnée constante durant les opération de montage et de démontage des cabanons. "Ce qui était intéressant, c’est qu’on a pu montrer qu’on l’on ne se limitait pas à une prestation du type "on monte une scène pour un concert".
Le cirque implique bien plus ; des liens sont créés avec les artistes, les monteurs, toutes les équipes... Les jeunes étaient très différents tout au long de cette expérience. Eux-mêmes, en venant au spectacle, pouvaient montrer à leurs proches qu’ils faisaient partie de l’équipe... c’était une vraie fierté !"

Vue aérienne des chapiteaux©François Levalet

©François Levalet

La compagnie BurenCirque imagine déjà de nouveaux projets : "La rencontre avec les jeunes en situation de handicap nous a ouvert de nouvelles possibilités. A Ris-Orangis, avec la compagnie BurenCirque et le Chapiteau d’Adrienne, nous organisons déjà des ateliers cirque et handicap. Nous travaillons maintenant sur le prochain spectacle « Éventail » qui sera créé à l’été 2017.
Désormais, on souhaiterait inviter une équipe avec des jeunes en dehors de la compagnie, pour réfléchir ensemble et croiser les regards à ce qu’est un spectacle, tout au long du processus de création. Il y a plusieurs manières d’intégrer ces nouvelles dynamiques : on fait du cirque ensemble, on fait des échauffements, on prépare les montages… Toutes ces étapes sont une plongée dans le domaine du cirque, et pour tout cela, le corps en a bien besoin. Pour nous désormais, il y a le souhait d’aller plus fort dans l’implication en amont des groupes, de pouvoir les rencontrer à différents moments (montage, exploration, diffusion…). Avec l’expérience de Regnéville, on a pu mesurer également un élément déterminant : les jeunes étaient intégrés dans un projet à un moment où ils étaient déconnectés de leur environnement habituel (lieu d’étude, famille). Le fait qu’ils ne soient plus chez eux ouvrent de nouvelles possibilités, les valorise et le retour « à la maison » souligne souvent la fierté et le chemin accompli."

Et pour conclure : "Je voudrais aussi souligner que la qualité de la rencontre a été possible grâce à l’équipe technique, artistique, les encadrants de l’APEI et du Département qui étaient, chacun, disponibles pour cette rencontre. De belles synergies ont existé notamment avec Jean-Loup Vilbert, co-organisateur du projet et chef cuisinier du catering (la cantine des artistes), qui proposaient l’après-midi des ateliers clowns et improvisations. A BurenCirque, nous bénéficions du prisme de Buren, de la scénographie qui renforce les images, elles sont comme magnifiées. A l’avenir, on peut même imaginer des passages, des traversées avec des jeunes sur scène."




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