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Entretien avec Marc Lefèvre

Marc Lefèvre, président du conseil départemental de la Manche

Aujourd'hui, à mi-mandat, où en est le Département de ses orientations stratégiques ?

"Être fiers de notre département. En être, ensemble, les ambassadeurs."

À mi-mandat, il trace la feuille de route des orientations stratégiques et se prête au jeu des questions-réponses.
Marc Lefèvre, le président du conseil départemental, mise sur l’attractivité de notre territoire et sa capacité à répondre au quotidien aux attentes de ses habitants.

Les orientations stratégiques du Département constituent votre carnet de route. Où en est-on, aujourd’hui, à mi-mandat ?

Ce carnet de route, pour reprendre votre expression, est un outil dont nous nous servons au quotidien. Il nous aide à mesurer, jour après jour, ce que nous entreprenons et ce que nous réalisons. Toutes les orientations stratégiques programmées sont aujourd’hui réalisées ou en cours de l’être. Beaucoup de travail a été effectué par le Département, les projets ont été enclenchés et tous les objectifs que nous nous étions fixés sont en passe d’être remplis. La feuille de route est respectée et je m’en réjouis.

Les orientations stratégiques recensent de multiples actions dans d’innombrables domaines. N’est-ce pas un catalogue "fourre-tout", comme un inventaire à la Prévert ?

Non, pas du tout. Ces orientations répondent point par point à ce que sont les compétences d’une collectivité territoriale comme la nôtre. Et il n’est pas question d’en oublier certaines ou d’en écarter d’autres. Prenons l’exemple de l’action sociale qui représente la moitié de notre budget : ce secteur induit toutes sortes d’actions qu’il est important de réaliser pour le développement territorial, la création d’emploi, le bien-être de nos habitants, qu’il s’agisse de l’enfance, de l’insertion, de l’accompagnement des personnes âgées ou handicapées, notamment. Nous devons agir sur tous ces plans et aller parfois même au-delà de nos seules obligations réglementaires, c’est indispensable et c’est notre ambition.

De toutes les actions programmées par le Département au titre de ces orientations stratégiques, quelle est celle qui paraît à vos yeux la plus emblématique ?

Celle qui me vient spontanément à l’esprit concerne ce qui a été entrepris pour renforcer l’attractivité de notre département. La mise en œuvre de l’agence Latitude Manche et la façon dont nous avons ainsi fait évoluer notre comité départemental du tourisme témoignent réellement de notre état d’esprit.

C’est-à-dire ?

Que bon nombre d’habitants, d’associations, d’entreprises et d'acteurs de notre territoire deviennent eux-mêmes les ambassadeurs de notre département. Soyons fiers de notre territoire, c’est ce message que je veux transmettre à tous. Et c’est aussi le sens de nos orientations stratégiques à travers les actions que nous menons dans de multiples domaines.

Est-ce un message si novateur ? Au fond, vos prédécesseurs ne disaient-ils pas la même chose ?

D’une certaine façon, autrefois, le comité départemental du tourisme et le conseil général étaient les seuls à porter ce message. La démarche était essentiellement institutionnelle. Aujourd'hui, c'est différent. Avec Latitude Manche, l'agence d'attractivité, notre objectif est de faire en sorte que les habitants eux-mêmes soient les premiers à valoriser leur territoire. Et si j’en crois le nombre toujours croissant d’adhésions à notre agence, l’affaire est plutôt en bonne voie.

Comment expliquez-vous ce nouvel état d’esprit ?

Je pense que l’organisation du Grand Départ du Tour de France en 2016 a agi comme un déclic et un révélateur pour beaucoup d’entre nous. Nous avons pu montrer au reste du monde notre capacité à organiser de très grands événements. Nous avons pu montrer aussi ce qu’était notre territoire et ce qui en faisait la richesse. Il y a eu à l’évidence une vraie prise de conscience, la fierté aussi d’être Manchois et de vivre dans un département singulier où la nature est omniprésente et protégée. Ce qui pouvait être considéré autrefois comme un handicap est devenu un véritable atout. Nous avons un département où il fait bon vivre. Et notre cadre de vie a une incidence directe sur le développement de notre territoire, à tous niveaux, économique, social, culturel, territorial...

Dans le cadre des actions que vous menez, le Département est présenté comme l’entité de référence. En quoi l’est-il vraiment ?

Pour tout ce qui touche le quotidien de nos habitants, tout ce qui a trait à la proximité. C’est cela notre travail au jour le jour. Être aux côtés des collectivités, des élus et des habitants, être à leur service. Et le conseil départemental est, de ce point de vue, l’outil parfaitement adapté aux missions qui nous sont dévolues. Le Département, riche de ses deux siècles d’histoire, est parfaitement identifié, avec un système d’élection adapté qui garantit cette proximité d’un territoire à l’échelle humaine.

Pour la durée du mandat, la capacité d’investissement du conseil départemental a été fixée à 75 millions d’euros par an. Est-ce suffisant ?

Dans les années 2000, notre Département devait beaucoup investir pour son désenclavement. Je pense par exemple aux grands chantiers routiers comme l’Autoroute des Estuaires ou la Nationale 174 qui n’étaient pourtant pas de sa compétence. À cette même période, le Département a dû beaucoup emprunter et sa dette a augmenté de façon significative. Aujourd’hui, la situation est bien différente : nous devons faire face à une baisse importante des dotations de l’État pour 30 millions d’euros chaque année et nous maintenons pour autant un taux d’investissement qui nous permet de répondre à ce qui est nécessaire et nous engage tout en ayant soin de maîtriser et de réduire nos dépenses de fonctionnement, ce à quoi nous nous tenons. Donc, si l’on y réfléchit bien, notre capacité d’investissement est à la hauteur de nos objectifs. Si l’État avait maintenu son niveau de dotations, nous serions à la même hauteur d’investissements que ce qu’a connu notre département dans ses plus belles années. C’est cela la réalité des chiffres.

Quels sont les investissements prioritaires de ce mandat ?

D’une part, l’entretien de l’ensemble de notre patrimoine immobilier et d’autre part, et surtout, le développement de nos structures routières et de nos réseaux numériques. C’est notre tout premier budget d’investissement. En clair, nous devons construire de nouvelles routes qui nous rapprochent des grands axes nationaux : c’est vrai pour la mise à quatre voies du tronçon Avranches-Granville, vrai aussi pour le désenclavement de Coutances, vrai enfin pour tout ce qui concerne l’amélioration de la voirie et le développement du très haut débit. La moitié de notre budget d’investissement est portée en propre par le Département. L’autre moitié représente le soutien que nous apportons aux projets économiques et aux réalisations de nos communes et communautés de communes, notamment au travers de nos contrats de territoire.

La formation supérieure représente aussi un enjeu majeur. N’est-ce pas inquiétant de voir chaque année de nombreux jeunes quitter notre département pour aller étudier ailleurs ?

C’est un phénomène qui n’est pas propre à la Manche. Tous les départements ruraux le connaissent bien. De fait, les jeunes vont ailleurs chercher des enseignements qu’ils ne peuvent pas trouver dans leur environnement immédiat, d’où, pour nous, l’importance de conserver nos antennes universitaires à Cherbourg comme à Saint-Lô, qui proposent pour chacune d’entre elles des formations ciblées qui correspondent aux besoins des entreprises de notre département. Soit dit en passant, que des jeunes aillent voir ailleurs ce qui s’y passe ne me paraît pas si problématique que cela dès lors qu’ils reviennent ensuite chez nous, donc chez eux, après leur formation, pour y trouver ce qu’ils sont en droit d’attendre : une vraie qualité de vie, de bonnes offres d’emploi, un environnement qui les séduise et les attire. Il faut donc qu’on se mette en ordre de bataille pour pouvoir proposer à nos jeunes ces outils dont ils se serviront demain après leurs études.

La qualité de vie passe aussi par la mise à disposition pour tous du très haut débit sur l’ensemble du territoire. Qu’en est-il précisément du développement numérique ?

Notre objectif est qu’en 2025, 95 % des foyers manchois bénéficient du très haut débit numérique. Je pense que nous y parviendrons, en dépit des difficultés que nous pouvons rencontrer ici ou là et du coût que cela représente, notamment lorsqu’il faut installer la fibre dans les zones les moins denses, par exemple en milieu rural. À titre de comparaison, et toutes proportions gardées, souvenons-nous qu’il a fallu un demi-siècle pour amener l’eau et l’électricité dans tous les foyers ! Dans le domaine du numérique, il faut agir vite car c’est devenu en un rien de temps un outil absolument indispensable. Notre département a d’ailleurs été précurseur dans ce domaine : il a été parmi les premiers à développer ce qu’on appelle les réseaux d’initiative publique et dont ont pu bénéficier les opérateurs. Après avoir essuyé les plâtres et servi de référence à de nombreux autres départements, y compris au plan national, nous bâtissons un nouveau schéma d’implantations numériques qui doit répondre à la demande pour tous du très haut débit et dans de nombreux domaines d’activité, notamment dans les exploitations agricoles, les entreprises artisanales et pour ce qui touche au télétravail.

Et s’agissant de téléphonie mobile, qu’en est-il des zones blanches qui subsistent encore aujourd’hui à certains endroits du territoire ?

Ce dossier ne relève pas directement de notre champ de compétences mais nous y sommes très attentifs. Nous avons pris bonne note des déclarations du Président de la République à cet égard et serons très vigilants sur les engagements des opérateurs vis-à-vis de l’État. Par ailleurs, le Département fait le maximum pour accompagner les opérateurs à réussir cette couverture totale, sans zone blanche. Nous avons notamment proposé de mettre à leur disposition les antennes relais dont nous disposons sur notre territoire, sur les points hauts. De même, nous souhaitons encourager la mise en œuvre du wifi territorial, le wifi en lieu public, partout où c'est possible.

Un autre enjeu d’importance pour le département est de pouvoir faciliter l’accès aux soins pour tous, en milieu rural notamment. Où en est-on aujourd’hui ?

Inauguration du pôle de santé libéral et ambulatoire de Villedieu-les-Poêles par Marc Lèfèvre

Le Département de la Manche a été parmi l’un des premiers en France, il y a maintenant une bonne quinzaine d’années, à s’emparer de ce sujet qui ne relève pourtant pas de son champ d’action en direct. Nous l’avons fait en incitant les jeunes médecins à venir s’installer chez nous, avec, à l'époque, la mise en place d'un système de bourses médicales d'accompagnement. Nous continuons toujours et encore dans cette voie, auprès des jeunes étudiants notamment, en leur facilitant leur participation à des stages ou à des remplacements entre autres. De même, nous aidons les nouveaux médecins qui viennent chez nous en contribuant aussi à l’installation de leurs conjoints. Nous avons d’ailleurs pour cela missionné un cabinet spécialisé qui travaille en ce sens, aider à l’embauche des conjoints de médecins dans les entreprises de notre département. L’offre de soins reste cependant en dessous de la moyenne nationale et les départs en retraite ne sont pas compensés en nombre par les arrivées. L’exercice de la médecine a aussi évolué : beaucoup de jeunes médecins souhaitent désormais travailler en équipe dans des pôles spécialisés, que nous finançons par ailleurs, et le temps où un médecin pouvait aller jusqu’à travailler 70 voire 80 heures la semaine est aujourd’hui révolu, et c’est tant mieux ! Face à tous ces paramètres nouveaux, l’offre médicale doit aussi évoluer sur nos territoires. C’est le sens des actions que nous pouvons mener, notamment en réfléchissant avec les professionnels de santé au développement des télé-consultations ou des délégations de soins, notamment au sein des EHPAD, à destination des résidents mais pas seulement. En juin, nous organisons d’ailleurs des rencontres sur ce sujet et je prends moi-même mon bâton de pèlerin pour échanger avec les élus autour de cette problématique qui est un enjeu de territoire et de cohésion sociale. Une expérimentation a déjà été lancée à ce sujet dans le sud Manche à Saint-Georges de Rouelley.

Les personnes âgées de plus de 75 ans représentent 12% de la population manchoise. En quoi les orientations stratégiques du Département peuvent-elles les intéresser ? Ne sont-elles pas les laissées-pour-compte du futur de la Manche ?

Pas du tout. Cette population âgée représente aussi une économie nouvelle pour notre département. Et quand je dis cela, je pense notamment à tout ce qui touche à la domotique, aux services d’aide à domicile, à la rénovation de l’habitat en contribuant entre autres à ce niveau à l’amélioration et au confort des logements. Même si ces dernières années nous avons créé 600 places supplémentaires dans les EHPAD, notre travail vise surtout au maintien à domicile des personnes âgées ou handicapées, en favorisant leur autonomie pour retarder le plus longtemps possible leur dépendance. C’est le sens de notre accompagnement et des aides que nous mettons en place dans de nombreux domaines qui concernent les personnes âgées dans la Manche. Beaucoup est fait dans ce domaine, le Département y consacre un très large budget et multiplie les initiatives, dont certaines sont tout à fait exemplaires. Je pense notamment à EcoReso, la plateforme inédite de collecte et de recyclage de matériels adaptés aux personnes âgées et handicapées. La Manche a aussi mis en œuvre des plans locaux d’autonomie pour assister les communes, accompagne également les aidants et les professionnels de santé et de soins qui interviennent au domicile des personnes âgées. Tout un travail pour prévenir la dépendance est engagé par le Département. Il est l’une de nos priorités d’action sociale.

Les aides consenties par le Département au titre des orientations stratégiques sont-elles proportionnelles aux tailles communales, privilégiant ainsi les regroupements communaux ?

La réponse est clairement non, nous ne sommes pas dans cette logique. Nous avons fait précisément évoluer nos contrats de territoire en scindant les actions menées. Désormais, plutôt que de réserver ces contrats aux seules communautés de communes ou aux communautés d’agglomération, nous en avons désormais de trois types : l’un avec les plus grands territoires, qui peuvent aller chez nous de 15 000 à 150 000 habitants , l’autre pour les communes rurales avec un fonds d’investissement rural et un troisième enfin, et c’est très nouveau, pour nos 65 bourgs-centres, les contrats dits de Pôle de services. Il nous a ainsi semblé pertinent de mettre en œuvre ces contrats qui aident à la fois à la réalisation d’équipements de services pour les habitants et à l’attractivité des communes concernées. Cette action est plébiscitée par les élus, qui y voient une façon très pratique et très simple de réaliser ce qu’ils considèrent chez eux comme prioritaires et nécessaires. Ce sont eux qui sont à l’initiative des projets qui nous sont présentés et que nos services départementaux accompagnent de la meilleure des façons.

Le Département est donc en action !

Je dirais surtout qu’il veut être en adéquation avec l’attente des élus et des habitants. Par exemple, c’est ce à quoi correspond notre fonds d’investissement rural pour les plus petites communes. Son fonctionnement particulièrement simple repose sur un financement établi sur la base de 100 € par habitant, pour une enveloppe de 50 000 € minimum et 100 000 € maximum. Et ce dispositif bat définitivement en brèche l’idée d’un système de subventions qui s’apparenterait à du saupoudrage. C’est même tout le contraire puisque le Département est désormais l’interlocuteur unique de la commune ou de la communauté de communes, quelle que soit sa taille. Il y a en cela une vraie cohérence sur les projets que nous accompagnons. Tous les élus qui ont fait appel à ce type d’aides pour leurs communes s’en félicitent.

Le Département a lancé un système de financement participatif qui vient en aide aux entreprises, la plateforme Ozé : est-ce à vos yeux un bon modèle économique ?

Comme vous le savez, la loi NOTRe* ne nous permet plus de subventionner directement les entreprises. Mais nous avons le devoir de mettre en place des outils qui favorisent le développement économique de notre territoire à dominante rurale, ce à quoi nous sommes particulièrement attentifs. La plateforme Ozé y contribue, parmi d’autres actions, en permettant aux entreprises concernées d'accéder à des fonds provenant de prêteurs qui de leur côté espèrent un retour sur investissement. C’est un système qui répond à de vrais besoins de trésorerie. Nous avons également mis en œuvre un nouveau dispositif d’aides à l’immobilier d’entreprises et bâti avec tous nos partenaires un pacte territorial pour l’emploi des plus défavorisés. Voilà quelques-unes des actions entreprises pour aider à l’emploi, à l’insertion des plus fragiles et contribuer au développement économique.




L’action sociale représente la plus grosse partie du budget départemental. Les orientations stratégiques en tiennent-elles compte ?

Oui, bien sûr et dans de multiples domaines qui touchent à l’accompagnement des plus démunis et des plus défavorisés. Nous avons adopté et mis en place de très nombreuses actions qui visent à accompagner au mieux les bénéficiaires du revenu de solidarité active dont le versement est assuré par le Département (par ex. : mise en place d’un contrat d’engagement réciproque entre le Département et le bénéficiaire, création de contrats aidés et d’un dispositif d’aide à l’embauche). Toutes ces mesures volontaristes et ces initiatives n’ont qu’un seul et même but : lutter contre la précarité, favoriser l’insertion. Nous consacrons 50 millions d’euros de notre budget d’action sociale à l’insertion.

L’agriculture représente un secteur important de l’économie départementale. Que dites-vous à ceux qui considèrent que l’enveloppe de 25 millions d’euros consacrée au cours de la mandature départementale mériterait d’être revalorisée ?

Là aussi, comme évoqué précédemment, la loi NOTRe nous empêche d’intervenir directement auprès des agriculteurs. Pourtant, et en dépit de ces contraintes, nous avons toujours voulu maintenir le même niveau d’accompagnement établi par le passé. Nous avons conclu à ce sujet un accord avec la Région pour que nous puissions intervenir à plusieurs niveaux, notamment dans l’action sociale, l’environnement sanitaire, les filières courtes ou encore les petits investissements que nous accompagnons à hauteur de 50 à 60% des frais à engager sur l’achat de matériels d’exploitation.

Au titre de ses orientations stratégiques, le Département souhaite mettre l’accent sur le développement des énergies nouvelles, avec à la clé la création de 1 000 emplois sur ce secteur. Où en est-on ?

À terme, nous serons dans nos objectifs pour ce qui concerne l’énergie éolienne avec, entre autres et comme vous le savez, l’implantation d’une usine de constructions de pales et d’un hub d’assemblage à Cherbourg-en-Cotentin. Au-delà, General Electric évoque la possibilité de créer le site qui construira à terme les plus grandes pales du monde. S’agissant de l’hydrolien, les choses avancent moins vite que ce que nous avions imaginé, le Gouvernement a souhaité prendre un peu plus de temps pour mener à bien ces projets, considérant que la technologie doit évoluer. Dans tous les cas, le secteur des énergies nouvelles est un secteur d’avenir et la Manche peut y prendre toute sa place. L’avenir est aux énergies décarbonées. Nous y croyons vraiment. Le nucléaire quoiqu’on en dise en fait partie et les actions entreprises pour le développement des énergies éoliennes, hydroliennes et de la filière hydrogène témoignent de notre volonté : notre département peut occuper une place à part dans ce domaine. Il peut devenir un vrai démonstrateur territorial des énergies nouvelles et de la transition énergétique. Nous avons aussi en parallèle à travailler sur le secteur du photovoltaïque. Là aussi, nous avons une carte à jouer.

Il est aussi question durant ce mandat de valoriser les atouts maritimes. N’est-ce pas un vieux "serpent de mer" quand on se souvient que la Manche avait axé en son temps une partie de sa communication sur ce secteur, notamment au travers de multiples actions comme l’année de la voile, autrefois ?

C’était en effet un très bon début, une bonne entrée en matière à l’époque. Nous poursuivons le travail excellent de nos prédécesseurs. C’est dans cet esprit que nous venons de bâtir un plan nautisme intégrant un vrai projet de qualification de nos services à destination des plaisanciers. Le problème n’est pas tant aujourd’hui d’augmenter le nombre d’anneaux dans les ports – ce qui est fait tout de même - mais plutôt de valoriser les services à terre dont ont besoin les usagers. Notre plan doit faire émerger la Manche parmi les départements maritimes les plus attractifs de France. C’est le sens aussi du travail que mène désormais la société publique locale des ports de la Manche, dont les missions sont étendues à la gestion de nombreux ports du département. Rappelons un chiffre : depuis 1983, ce sont près de 50 millions d’euros qui ont été investis par la collectivité dans nos infrastructures portuaires. Cela témoigne de notre engagement qui perdure aujourd’hui. Nos ports peuvent accueillir près de 6 500 bateaux dont 4 500 en bassins, ce n’est pas rien. Notre plan nautisme représente un engagement de 30 millions d’euros.

La valorisation des atouts maritimes du département se limite-elle aux seules actions en faveur du nautisme ?

Bien sûr que non. Les atouts maritimes de notre territoire sont multiples avec, entre autres, la pêche, la conchyliculture, l’ostréiculture, le tourisme du littoral, etc. Bref, tout ce qui touche de près ou de loin à l’économie de la mer qui chez nous, deuxième département côtier de France, revêt une importance capitale. Nous y prenons toute notre part. Notre département est tout entier tourné vers la mer et c’est l’une de ses grandes richesses. La mer, c’est l’avenir de l’humanité et nous devons, à notre niveau, y veiller, sans oublier de la protéger des menaces qui pèsent sur elle, la pollution, l’érosion entre autres.

Les actions de sauvegarde et de valorisation de notre patrimoine peuvent-elles constituer un frein au développement touristique ?

Je pense tout le contraire. Nous avons encore à certains endroits de notre territoire des sites, des lieux et des bâtiments qui mériteraient d’être mieux connus et valorisés pour que notre offre touristique soit davantage qualifiée. La Manche dispose de lieux emblématiques qui nécessitent qu’on investisse pour les valoriser, ce à quoi nous nous employons. Nous avons en 2017 créé le premier Salon du patrimoine de la Manche, ce fut un grand succès. Nous le renouvelons cette année. La richesse de notre patrimoine représente un atout touristique majeur. L’un ne va pas sans l’autre et les deux ne sont évidemment pas antinomiques, bien au contraire. Le développement touristique doit s’opérer en ayant le souci constant de valoriser et protéger notre patrimoine et nos richesses culturelles. C’est ce à quoi nous nous employons vraiment sur l’ensemble de nos sites. Notre projet à Tatihou, dont nous souhaitons augmenter la capacité d’hébergement, notamment à l’attention des élèves de classes de mer et du tourisme vert, en est le témoignage.

La promotion de notre département doit-elle passer par la mise en œuvre de grands événements, comme cela a pu être entrepris lors des opérations du Grand Départ du Tour de France ?

Certainement et il nous faut y réfléchir encore et encore. Ceci étant, notre département accueille déjà chaque année de nombreux événements et notre offre culturelle et sportive est de grande qualité et très diverse. Je pense par exemple à ces grands festivals organisés dans notre département et qui contribuent à la notoriété de notre territoire. En cela, la Manche n’a rien à envier à d’autres départements, bien au contraire.

Pour conclure, quelle est votre ambition pour les prochaines années de ce mandat ?

Faire en sorte que le département soit encore un peu mieux connu pour ce qu’il représente, pour ce qu’il est et pour son potentiel à la fois économique, culturel, social et associatif. Je rêve aussi de voir les habitants devenir eux-mêmes les ambassadeurs de notre département. Ils ne l’ont peut-être pas suffisamment été jusqu’à maintenant parce qu’ils n’avaient sans doute pas assez pris conscience de cette réalité et de ces potentiels. Souvent, je vois des hauts fonctionnaires de l’administration publique arriver en poste chez nous en faisant la grimace. Quand ils en repartent parce qu’ils sont appelés à être mutés, c’est la mort dans l’âme, ils ne veulent plus quitter la Manche et certains même y reviennent pour leur retraite. C’est un signe qui ne trompe pas de la qualité de vie dans tous nos territoires. J’invite tous les acteurs privés et publics à participer à cette démarche d’attractivité que nous avons lancée. Il faut être fiers de ce qu’est notre département et le faire savoir. Il en va de notre développement et de notre capacité à attirer chez nous de nouveaux talents, de nouveaux investisseurs. C’est un véritable enjeu de territoire pour les trois années qui viennent.

* Loi NOTRe : loi portant Nouvelle Organisation Territoriale de la République

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