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Des goélands de retour en nombre sur l’île Tatihou

29/06/2021
Tatihou

ENVIRONNEMENT

Au total, 298 nids ont été dénombrés ainsi que 638 œufs minimum

Depuis plusieurs années le nombre de nids de goélands observés sur l’île Tatihou était en baisse. Cette année la nidification des 3 espèces de goélands présentes sur l’île se porte mieux !

Depuis 1976, les goélands sont devenus des oiseaux protégés. Chaque année sur l’île Tatihou ils viennent nombreux pour donner naissance à leurs petits. Des agents du Symel mènent alors des excursions de comptage des nids et d’identification des espèces pour un suivi ornithologique.


Entretien avec Tanguy Pain, Technicien chargé des suivis naturalistes et cynégétiques au Syndicat Mixte Espaces Littoraux de la Manche (SyMEL)

 

Question : Chaque année, vous organisez le comptage des nids de goélands sur l’île Tatihou. Pouvez-vous nous expliquer comment cela se passe et pourquoi il est important de réaliser ce comptage ?

 

Tanguy : Depuis quelques années, le SyMEL réalise en régie le suivi des nids de Goélands, auparavant réalisés par le Groupe Ornithologie Normand (GONm).

Le recensement des nids (puis des oisillons) correspond à leur décompte exhaustif, par observation directe ou à la jumelle. Pour cela, l’ensemble de l’île est parcouru par 2-3 personnes du SyMEL : la plaine, la Hougue et la partie intra-muros. Les prospections sont généralement divisées en trois passages :

  • un premier passage au milieu du mois de mai, période favorable pour observer l’ensemble des nids avec les pontes ;
  • un second passage 1 mois plus tard, afin de pouvoir suivre les premiers oisillons ;
  • un dernier passage dans le courant du mois de juillet afin d’observer les jeunes prêts à l’envol.

Seuls les nids « élaborés », c’est-à-dire un nid avec indices de reproduction sont pris en compte.

Les goélands sont des espèces protégées et ce comptage annuel permet d’observer l’évolution des populations, de repérer un éventuel impact (prédateurs, gestion de l’île) et de mettre en place des solutions adaptées pour favoriser la reproduction de ces espèces.

 

Question : A Tatihou 3 espèces de goélands nichent, quelles sont-elles ?

 

Tanguy : Sur l’île de Tatihou, 3 espèces de goélands nichent dont le Goéland argenté (Larus argentatus), le Goéland brun (Larus fuscus) et le Goéland marin (Larus marinus).

 

Question : Y-a-t-il une espèce sur-représentée ?

 

Tanguy : La population de Goélands argentés est plus importante que les deux autres espèces soit environ 90 % des effectifs et respectivement 5 % pour le Goéland brun et marin, en 2020.

 

Question : Le nombre de nids varie-t-il beaucoup chaque année ?

 

Tanguy : Depuis le début des comptages, nous avons eu une augmentation croissante de la population jusqu’en 2007 où environ 2500 nids ont été dénombrés. Depuis, la population n’a cessé de diminuer pour atteindre un peu plus de 55 nids en 2018. Aujourd’hui, le nombre de nids inventoriés est aux alentours d’une centaine. Le Goéland marin, qui n’avait pas niché depuis 2017 est revenu l’année passée. Ces chiffres illustrent d’autant plus l’importance de préserver ces espèces protégées.

 

Question : Si vous constatez qu’une menace extérieure (un prédateur, une maladie …) met en danger l’avenir des goélands sur l’île avez-vous la possibilité d’intervenir ? Si oui comment ?

 

Tanguy : Dans l’éventualité où une menace est identifiée, nous avons la possibilité d’intervenir en fonction de la menace. Pour une maladie, nous n’avons aucun pouvoir d’action car les oiseaux nichent sur l’île mais n’y sont pas cantonnés et sont libre de se déplacer.

En revanche, pour un prédateur des actions peuvent être ajustés, ce qui a déjà été le cas par le passé concernant la présence de renards.

Aujourd’hui, la plus grande menace vient de la fréquentation du site et il est important de canaliser le public afin de laisser la place aux espèces de s’y développer.

 

Question : Est-ce qu’une espèce est plus menacée de disparition sur l’île que les autres ?

 

Tanguy : En ce qui concerne les goélands, les goélands bruns et marins sont plus menacés de disparition sur l’île que les goélands argentés, de par leurs effectifs. Outre ces trois espèces, d’autres espèces d’oiseaux protégés sont présentes sur l’île dont l’Huitrier pie, le Tadorne de belon, l’Aigrette garzette, des limicoles

L’île note également la présence de pelouses aérohalines. Ce sont des formations végétales rases et pas si fréquentes sur l’île. Elles sont localisées sur des substrats rocheux et sont sensiblement fragiles au piétinement et aux passages répétés.

  

Bilan du comptage

Le bilan du comptage effectué après l’interview montre une augmentation significative du nombre de nids pour chaque espèce en 2021.

Ainsi ont été dénombrés 228 nids de Goélands argentés (82 en 2020), 62 nids de Goélands bruns (4 en 2020) et 8 nids de Goélands marins (4 en 2020). Au total, 298 nids ont été dénombrés ainsi que 638 œufs minimum. Ce chiffre correspond seulement aux œufs directement observables, mais il n’est pas forcément représentatif du nombre total d’œufs puisque certains nids n’étaient pas accessibles (toit/hauteur). Les trois espèces de goélands ont été observées à savoir le Goéland marin (Larus marinus), le Goéland argenté (Larus argentatus) et le Goéland brun (Larus fuscus). Tous les nids accessibles étaient composés en moyenne de 2 à 3 œufs.

Plusieurs nids de hérons blancs (espèce de l'Aigrette garzette) ont également été observés à l'occasion de la sortie.


 

Les précautions à prendre pour observer les goélands

Question : Pour conclure, pouvez-vous rappeler, aux visiteurs de l’île quelles précautions prendre afin de ne pas déranger les goélands présents sur l’île ?

 

Tanguy : Pour ne pas déranger les goélands sur l’île mais également l’ensemble des espèces qui s’y développent, il est recommandé de ne pas s’approcher des nids ni d’attraper les poussins et il est important de rester sur les chemins balisés. Les goélands adultes peuvent potentiellement avoir des comportements agressifs si un danger se fait sentir.

J’aimerais si possible citer Christian Leconte, garde du littoral, qui a pris part à tous ces suivis et à la gestion de l’île durant plusieurs années et sans qui ce suivi n’aurait sûrement pas été possible. Christian nous a quitté il y a un an, pratiquement jour pour jour.

 

A noter :

L’île de Tatihou est propriété du Conservatoire du littoral, le SyMEL gère la partie espaces naturels et le Département de la Manche gère la partie bâti/musée.

 

 

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