Boite à Questions : Entretien du réseau routier
Il y a quelques semaines, le Département de la Manche, depuis son compte Facebook, a invité les habitants à poser leurs questions sur l’entretien des routes départementales. À partir de ces contributions, une vidéo a été réalisée dans laquelle Axel Fortin Larivière, Vice-président en charge des déplacements, répond directement aux interrogations des usagers.
Boîte à Questions : Axel Fortin Larivière répond à vos questions en Vidéo
Découvrez la vidéo et retrouvez ci‑dessous les réponses détaillées à vos questions !
Transcription de la vidéo
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Entretien des routes : Les réponses à vos questions
Vous avez été nombreux à nous interroger sur l’entretien des routes dans la Manche. Limitation de vitesse, fauchage, marquages au sol, organisation du réseau… Autant de sujets qui concernent directement votre quotidien.
Retrouvez en détail les réponses d’Axel Fortin Larivière à vos questions, ainsi que des compléments d’information pour comprendre comment le Département entretient et sécurise les 7 848 km de routes manchoises.
Limitation de vitesse
Pourquoi 80 km/h et pas 90 km/h comme dans les départements voisins ?
En 2018, l’État a décidé d’abaisser la vitesse maximale à 80 km/h sur les routes bidirectionnelles sans séparateur central, après une expérimentation menée entre 2015 et 2017. Cette mesure, appliquée depuis le 1er juillet 2018, visait à réduire le nombre et la gravité des accidents. Pourquoi ? Parce que la vitesse d’impact est un facteur déterminant dans la gravité des chocs.
À titre d’exemple, sur un trajet de 20 km, rouler à 80 km/h au lieu de 90 km/h ne fait gagner que 1 minute et 40 secondes. Une différence minime pour un gain de sécurité important.
Depuis 2019, la loi permet aux Départements de revenir à 90 km/h, mais sous conditions strictes :
- Une étude d’accidentalité doit prouver que la route concernée le permet.
- La décision doit être validée par la Commission Départementale de Sécurité Routière.
- Enfin, il faut installer de nouveaux panneaux et adapter la signalisation, ce qui représente un coût élevé.
Dans le Département de la Manche, nous avons choisi de maintenir les 80 km/h, pour plusieurs raisons :
- La sécurité : Les études montrent que cette limitation réduit les accidents graves.
- Le coût : Passer à 90 km/h sur tout le réseau coûterait plusieurs millions d’euros, sans garantie d’amélioration significative.
- La cohérence : Beaucoup de départements ont fait le choix de garder les 80 km/h, ou de ne revenir à 90 km/h que sur quelques portions très spécifiques.
Si un changement devait intervenir, ce serait une décision nationale, et non départementale.
Comment instaurer une zone 30 en centre-ville ? Et si c’est une route prioritaire ?
La mise en place d’une zone 30 relève du maire, car c’est lui qui a la responsabilité de la sécurité et de la circulation en ville, y compris sur les routes départementales qui traversent la commune.
Mais attention : une zone 30 ne se résume pas à poser un panneau. Pour qu’elle soit efficace et respectée, il faut :
- Adapter l’aménagement : rétrécir la chaussée, ajouter des chicanes, installer des passages piétons surélevés, ou planter des arbres pour ralentir naturellement les véhicules.
- Favoriser les modes actifs : pistes cyclables, zones piétonnes, etc.
Et si la voie est une route prioritaire ? La procédure reste la même, car le maire garde son pouvoir de police en agglomération, même sur une route départementale. En revanche, il devra coordonner avec le Département pour s’assurer que les aménagements ne perturbent pas la fluidité du réseau.
Fauchage
Ne pourrait-on pas envisager de collecter l’herbe issue du fauchage ainsi que les copeaux et les petits branchages afin de les transformer en compost ou alors pour les vendre aux particuliers et/ou entreprises ?
L’idée est intéressante, et certains départements le font déjà (comme la Mayenne ou le Calvados). Mais pour nous, plusieurs obstacles rendent cela difficile aujourd’hui :
Un coût élevé :
- Il faudrait investir dans du matériel spécifique (broyeurs, camions de collecte, aires de stockage).
- Nettoyer parfaitement les résidus (sans plastique, métaux ou déchets) pour en faire du compost de qualité, ce qui demande beaucoup de main-d’œuvre.
Un équilibre économique fragile :
- Le prix de revient serait plus élevé que notre méthode actuelle de fauchage.
- La demande locale est limitée : peu d’agriculteurs ou d’entreprises seraient prêts à acheter ces déchets verts à un prix rentable.
Une logistique complexe :
- Il faudrait trouver des sites de méthanisation ou de compostage à proximité, ce qui n’est pas toujours possible dans notre département.
- Nous suivons de près les évolutions sur ce sujet, et si une solution économiquement et écologiquement viable se présente, nous l’étudierons.

Peut-on vraiment parler de fauchage raisonné lorsque la végétation rend les panneaux de signalisation invisibles ?
Non, le fauchage raisonné est organisé pour garantir la visibilité à tout moment. Voici comment ça marche :
- D’avril à mai : Une première coupe est faite pour dégager les panneaux et les bords de route.
- De mi-juillet à mi-août : Une deuxième passe si nécessaire, pour éviter que la végétation ne repousse trop.
- À partir du 15 août : Un fauchage complet est réalisé sur tout le réseau pour préparer l’hiver.
L’objectif ? Trouver un équilibre :
- Assurer la sécurité (panneaux visibles, gabarit dégagé).
- Protéger la biodiversité (en laissant pousser la végétation entre les coupes).
Vidéo : Routes départementales – Un fauchage raisonné
Transcription de la vidéo
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Enrobés et entretien des marquages
Pourquoi ne pas refaire les marquages au sol pour une meilleure visibilité ?
Nous le faisons déjà ! Chaque année, tous les marquages sont rénovés, et sur les axes les plus fréquentés, nous utilisons des peintures haute visibilité, efficaces même de nuit ou sous la pluie.
Notre politique d’entretien est exigeante :
- Réseau structurant (routes très empruntées) : marquages renouvelés régulièrement avec des matériaux durables.
- Réseau local : entretien adapté, mais toujours avec un souci de clarté et de sécurité.

Pourquoi y a-t-il des gravillons après des travaux de chaussée ? C’est glissant pour les deux-roues.
Ces gravillons sont temporaires, et surtout… nécessaires ! Voici pourquoi :
Quand nous réparons une route, l’objectif premier est de la protéger de l’eau, car l’humidité est l’ennemie numéro 1 du revêtement. Pour cela, nous utilisons deux techniques principales :
L’enrobé (le plus confortable) :
- Avantage : très résistant, idéal pour les routes très fréquentées.
- Inconvénient : coûteux et polluant (beaucoup d’émissions de CO₂).
L’enduit superficiel (le plus courant) :
- Avantage : économique, durable et très adhésif une fois en place.
- Inconvénient : les gravillons en excès mettent quelques semaines à disparaître, le temps que les véhicules les tassent.
Pendant cette période (généralement 2 à 3 semaines) :
- La route est signalée avec des panneaux de limitation temporaire.
- Un balayage final est prévu pour enlever les derniers gravillons.
La compétence voirie départementale
Quelle différence entre réseau routier prioritaire et secondaire ?
Notre Département gère 7 848 km de routes, classées en 4 catégories selon leur importance :
Réseau structurant (598 km) :
- Rôle : Relier les grandes villes entre elles et avec les régions voisines.
- Entretien : Très fréquent (enrobés réguliers, marquages haute visibilité), car ces axes supportent beaucoup de poids lourds (un camion use la route 1 million de fois plus qu’une voiture !).
Réseau principal (1 183 km) :
- Rôle : Assurer les liaisons à l’intérieur du département.
- Entretien : Adapté au trafic, avec un bon niveau de confort.
Réseaux territorial et local (6 070 km) :
- Rôle : Desservir les villages et hameaux, souvent avec des routes sinueuses.
- Entretien : Moins axé sur le confort (pour éviter les excès de vitesse) et plus sur la sécurité et la durabilité.
Pourquoi cette distinction ?
Adapter les moyens : On ne peut pas entretenir une petite route de campagne comme une nationale.
Prioriser les investissements : Les axes les plus empruntés bénéficient des technologies les plus performantes.

Qui décide des aménagements sur les routes départementales ?
Tout dépend si vous êtes en ville ou à la campagne :
- En agglomération :
C’est la mairie qui décide, car elle a le pouvoir de police de la circulation. Exemples : zones 30, pistes cyclables, chicanes…
- Hors agglomération :
Le Département intervient pour les aménagements liés à la sécurité routière (carrefours dangereux, signalisation…). Les communes peuvent aussi proposer des projets (ex : un passage piéton près d’une école).
Dans tous les cas, les décisions se prennent après étude (sécurité, coût, impact sur le trafic).
Comment le Département gère-t-il un réseau routier aussi vaste ?
Avec 7 848 km de routes, l’organisation est essentielle ! Voici comment nous faisons :
Une direction centrale (à Saint-Lô) :
- Pilote les politiques d’entretien et de sécurité.
- Gère le matériel (engins, camions, stocks).
5 agences techniques réparties sur le territoire :
- Cotentin (Valognes)
- Marais (La Haye)
- Centre Manche (Coutances)
- Mer et Bocage (Villedieu-les-Poêles)
- Sud Manche (Mortain)
31 centres d’entretien locaux :
Des équipes sur le terrain, près de chez vous, pour intervenir rapidement (nids-de-poule, panneaux abîmés, fauchage…).
Cette organisation permet :
- Une réactivité maximale (moins de temps perdu en déplacements).
- Une connaissance fine du terrain (les agents connaissent « leurs » routes).
- Un entretien adapté aux besoins de chaque secteur.
Résultat ? Un réseau entretenu toute l’année, avec des équipes disponibles 24h/24 en cas d’urgence (neige, tempêtes…).
Une route abîmée, un panneau endommagé ? Signalez‑le !
Les équipes du Département entretiennent les routes toute l’année, mais rien ne vaut la vigilance des usagers au quotidien. Si vous constatez un nid‑de‑poule, un accotement dégradé, un panneau masqué, un fossé bouché ou toute autre situation présentant un risque, n’hésitez pas à nous le signaler.
Contact
Direction des infrastructures et de l’entretien routier
Site internet : Site internet