En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour réaliser des statistiques de visites. En savoir plus

Ok

Youtube : la chaine TV Manche

Flickr : albums des grands évènements

Voir toutes les rencontres avec un Manchois

ÉRIC DELAUNAY

04/07/2016

RIO DANS LA LIGNE DE MIRE

Champion de skeet olympique multi-titré, lauréat aux Trophées des sportifs de la Manche 2015, le seul Manchois qualifié pour les J.O. soigne son angle de tir.

 

card.photo2.description

card.photo3.description

Si son regard scrute le ciel, il entend garder les pieds sur terre. Fils d’armuriers, le Saint-Lois a grandi sur les stands de tir et appris très tôt le sens de l’effort et l’humilité. « On peut se planter àtout moment. La régularité est trèsdifficile…» Licencié du club de tir de Bréville-sur-Mer, où il s’entraîne six jours sur sept, il y apprécie l’esprit convivial et bon enfant. Tout comme il aime profondément la Manche, qui le lui rend bien. « On a un très beaudépartement, les gens sont sympas etaccueillants, le sport y est bien perçu ». La campagne de crowdfunding lancée par la jeune agence saint-loise BE sport consulting (qui gère aussi l’image du boxeur Maxime Beaussire) a reçu près de 90 dons. Au-delà du financement des 50 000 cartouches et plateaux d’argile indispensables à son entraînement annuel, ce soutien le touche : « Je n’aurais jamais penséfédérer tant de gens autour de moi, çam’a fait chaud au cœur.»

 

Maîtrise de soi

Dans la grande famille du balltrap, le skeet olympique est une discipline des plus exigeantes. « C’est extrêmement technique, ça demande de la maîtrise, avec une dimension psychologique prépondérante, un gros travail sur soi. » Sur ce sport qu’il dit pourtant compliqué à expliquer, Éric Delaunay est intarissable. Aux coups de feu succèdent les salves de paroles, avec une précision et une rapidité comparables. Charismatique et attachant, il ne demande qu’à partager sa passion et fait résolument mouche. Son énergie semble inépuisable et contraste avec le calme, la concentration extrême, qui le figent dès qu’il épaule son arme. « J’ai appris à respirer, gérer mes émotions... Aujourd’hui, je ne ressens que le bon stress. »

 

Et persévérance

À 28 ans, il sait relativiser. Après un anévrisme cérébral en 2011 (opéré in extremis), une qualification aux J.O. 2012 soufflée par Anthony Terras, une coupe du monde ratée en 2014, à cause de la perte par Air France de son fusil (un « bijou » conçu sur mesure), il a failli déposer les armes. « Je suis sportif de haut niveau, pas professionnel. Malgré mon Bac+3, trouver du travail tout en m’entraînant trois heures par jour est complexe. » Sans compter ses deux heures quotidiennes de fitness, qui font la différence avec nombre de tireurs et « la balance avec la fatigue mentale ». Un nouveau quota pour les J.O. l’a rattrapé à tant. Il suit désormais une formation de professeur de sport à l’INSEP, pour concilier entraînements et sécurité de l’emploi, et former les plus jeunes. « J’aimerais mettre en place, au sein de la fédé, une préparation physique pour les tireurs, être présent sur tous les facteurs de la performance. »

Pour l’heure, ce virtuose du pull n’a qu’un objectif dans le viseur : décrocher une médaille à Rio, les 12 et 13 août. « Il n’y a pas d’affrontement entre les tireurs, l’entente est bonne. Si je gagne ou je perds, c’est à cause de moi, pas des autres. » Pour réaliser son rêve de gosse, ce cartésien ne laisse rien au hasard et prépare ses premiers J.O. avec la détermination des gagnants.


> Suivez Eric Delaunay sur sa page facebook et sur  sports.manche.fr