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Les particules sous surveillance

C. Legrand, directeur d'Air COM - M. CartierChristophe Legrand - Photo : M. CartierQuel air respire-t-on dans la Manche ?

Dans ce département en forme de presqu’île, fortement balayé par les vents… on peut dire que l’atmosphère ne souffre pas d’une pollution constante d’origine industrielle ou urbaine, telle qu’on la constate dans les grandes agglomérations. Des épisodes de pollutions à l’ozone y surviennent pendant les fortes chaleurs, comme pendant les étés 2003 et 2006.
C’est là un phénomène global, qui résulte de réactions chimiques sous l’action du rayonnement solaire.

Cela veut dire qu’il n’y a pas de sources directes de pollution dans le département ?

Comme partout, il existe en Manche une pollution de l’air due à l’automobile, et on sait que la population est particulièrement sensible puisque la Basse-Normandie occupe la deuxième place des régions les plus touchées par la mortalité due à l’asthme. 

Mais c’est aussi un département où il est difficile de caractériser la pollution d’une manière globale. Les stations de Saint-Lô et Cherbourg présentent souvent résultats très contrastés, extrêmement variables même d’une heure sur l’autre. Pour exemple, pendant la canicule de 2003, nous avons relevé au même moment, un écart de température de 19°C entre Cherbourg et le sud de la région…
 

Quels sont les moyens de mesure dont dispose Air C.O.M dans notre département ?

La station fixe de Saint-Lô mesure les particules en suspension, l’ozone et le dioxyde d’azote. A Cherbourg, en plus de ces polluants, sont mesurés le dioxyde de soufre et le monoxyde de carbone.

A ces 2 stations, s’ajoutent 3 laboratoires mobiles qui sont utilisés sur l’ensemble des départements de Basse-Normandie.

Ces moyens complémentaires évaluent les pollutions non mesurables de façon automatique et nous permettent d’apprécier la qualité de l’air en dehors des grandes agglomérations. Ces moyens mobiles réalisent aussi des mesures à proximité des sources (route, cheminée…) qui nous permettent de participer à des études d’impact, généralement dans le cadre de travaux d’aménagement.
 

La tête poussières à Cherbourg analyse 20m3 d’air par heure - Photo : M. CartierLa tête poussières à Cherbourg analyse 20m3 d’air par heure

La station fixe à Saint Lô assure une surveillance en continu - Photo : M. CartierLa station fixe à Saint Lô assure une surveillance en continu

Comment expliquer l’apparition d’une pollution par les particules ?

L’atmosphère est composée de gaz mais également de particules (poussières très fines et respirables) dont les origines sont naturelles (sel de mer, feux de forêts, érosion) ou proviennent des activités humaines (transport, chauffage, industrie, agriculture,…).
Leur présence dans l’air que nous respirons est bien connue. Les PM10 et PM2,5 sont les plus fines et leur diamètre est de l’ordre du micromètre, elles peuvent pénétrer profondément jusqu’aux alvéoles pulmonaires et y subsister.
 
Ce qui était moins connu, c’est leur composition précise, notamment dans leur partie la plus volatile. Depuis 2007, une nouvelle méthode d’analyse est en place sur la France entière. L’année dernière, dans la Manche, les conditions de dépassement du seuil d’information aux populations sensibles étaient réunies à 6 reprises concernant les particules PM10

Elles contiennent des éléments dangereux pour notre santé ?

Il est important de noter que la qualité de l’air est un tout.

Un individu respire chaque jour un cocktail de polluants et il est délicat d’isoler un composant par rapport à un autre. Les travaux épidémiologiques entrepris ces 15 dernières années ont tout de même permis de préciser les effets des particules à court et à long terme. Des métaux lourds, des hydrocarbures, des phytosanitaires, …, sont présents dans les particules en suspension dans l’air, mais nous ne possédons pas encore du recul suffisant pour interpréter les données nouvelles qui nous arrivent.

Quels sont les leviers sur lesquels on peut agir pour réduire le risque sanitaire ?

Tout d’abord, il faut mettre en place les arrêtés préfectoraux pour informer la population en cas de pic de pollution, afin que la population sensible (asthmatique, personnes âgées…) puisse rapidement appliquer les recommandations comportementales nécessaires à leur protection. Et cela est particulièrement vrai pour les pics de pollution par les particules.

Ensuite, il faut que chacun d’entre nous soit attentif à avoir un comportement respectueux de l’air : je n’utilise pas ma voiture pour des petits trajets, je n’épands pas mes produits phytosanitaires dans mon jardin ou dans mon champ par temps venté… le simple bon sens peut déjà faire beaucoup pour l’air.

Enfin, il faut informer et éduquer. L’éducation à l’éco-citoyenneté de nos enfants est une des clés d’un avenir plus respectueux de notre environnement. Il ne faut pas qu’ils commettent nos erreurs ou celles de nos aïeux car maintenant, on sait.
 

3 laboratoires mobiles pour la surveillance de l’air en dehors des grandes agglomérations de Basse-Normandie - Photo : M. Cartier3 laboratoires mobiles pour la surveillance de l’air en dehors des grandes agglomérations de Basse-Normandie

Instruments de mesures à l’intérieur du laboratoire mobile - Photo : M. CartierInstruments de mesures à l’intérieur du laboratoire mobile

Préleveur pesticide dans la zone de Coutances - Photo : M. CartierPréleveur pesticide dans la zone de Coutances

Cadre

Air C.O.M. est le réseau de surveillance de la qualité de l'air de Basse-Normandie (Calvados, Orne, Manche). C’est une association régie par la loi 1901 qui a succédé l’E.S.P.A.C. (association pour l’Etude, la Surveillance et la prévention de la Pollution Atmosphérique dans le département du Calvados) fondée en 1976. Les premiers analyseurs ont été mis en place en 1979 sur l’agglomération caennaise. Depuis janvier 2000 les activités de surveillance de la qualité de l'air se sont étendues à l’ensemble de la Basse-Normandie et Air C.O.M. gère aujourd’hui douze stations de mesure des pollutions atmosphériques chroniques et non accidentelles. Son fonctionnement associatif (loi 1901) est constitué de 4 Collèges : des représentants de l'Etat, des collectivités locales, des représentants d’industriels, des activités de transports et de chambres de commerce, d'associations de consommateurs et de défense de l'environnement et des professionnels de santé.
 
www.air-com.asso.fr
Tél : 02-31-53-10-10
Air C.O.M. , Citis « le Pentacle », av. de Tsukuba, 14 209 HEROUVILLE SAINT CLAIR CEDEX