En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour réaliser des statistiques de visites. En savoir plus

Ok

Youtube : la chaine TV Manche

Flickr : albums des grands évènements

Biodiversité : gare à l’envahisseur végétal!

Cadre

BaccharisBaccharis


Qu’entend-on par « plante invasive » et quelles sont les espèces concernées dans la Manche ?

On parle d’espèce invasive lorsqu’une plante exotique, introduite par l’homme dans nos milieux indigènes, entre en compétition avec les autres espèces présentes, et ne trouvant pas sesprédateurs (végétaux, animaux) habituels, colonise et envahit un milieu pouvant aller jusqu’à le transformer.

Dans la Manche, de nombreuses plantes d’origines diverses (Amérique du Sud, Amérique du Nord, Asie…), ont été introduites le plus souvent pour leur aspect décoratif. Certaines d’entre elles, envahissent les terrains naturels ou les espaces verts aménagés par l’homme ; ceux-ci sont souvent encore plus vulnérables car pauvres en diversité d’espèces (bords de routes, remblais végétalisés par exemple).  
Les espèces invasives que l’on rencontre couramment dans notre département sont le baccharis (ou séneçon en arbre) et la renouée du Japon, mais l’on trouve également des plantes comme la jussie, l’impatience de l’Himalaya et le myriophylle du Brésil
Inversement, la salicaire espèce commune de nos régions, adopte un comportement envahissant lorsqu’elle est introduite en Amérique du Nord. 

En quoi les plantes invasives posent-elles de sérieux problèmes ?

Les espèces envahissantes prolifèrent de façon spectaculaire, bouleversent les milieux et détruisent la biodiversité locale, menaçant notamment les espèces rares et l’intégrité de nos paysages. Certaines espèces comme la jussie, asphyxient les milieux aquatiques et dégradent la qualité de l’eau.
N’oublions pas que ce sont aussi des activités économiques qui sont impactées : la pêche, les loisirs nautiques et touristiques, la production d’eau potable…
La santé humaine est même parfois en jeu : on pointe souvent l’ambroisie à feuille d’armoise responsable de problèmes d’allergies et d’asthme, et la berce du Caucase qui provoque des inflammations et des brûlures de la peau.
Lorsque les plantes invasives colonisent les bords de routes, la sécurité routière est elle aussi en jeu à cause de problèmes de visibilité (exemple de la renouée du Japon, dont la repousse est extrêmement rapide).

Cadre

La jussieJussie

Quels sont les moyens de lutte existants, qui en sont les acteurs ?

Pour les espèces déjà implantées, l’éradication totale semble utopique, il s’agit plutôt de réguler les populations de plantes invasives. Il n’existe pas de « solution miracle », mais différentes techniques en fonction des espèces permettent de contrôler les stations existantes : bâchage, fauches régulières, coupes, débroussaillage, voire même lutte chimique (ciblée et hors zones de proximité de cours d’eau…). Cependant avant toute opération un bon diagnostic doit être fait et le chantier réalisé avec toutes les précautions requises pour éviter toute dissémination par des fragments de tige (reproduction par bouturage) ou des graines. Par contre dans le cas d’une station décelée alors qu’elle est encore de quelques individus l’éradication suivie d’une surveillance régulière peut permettre de sauver un milieu de cet envahissement.

Certains gestionnaires d’espaces naturels et d’espaces publics et notamment des collectivités locales investissent des milliers d’euros chaque année dans cette lutte contre les plantes invasives.
Les particuliers s’ils sont informés et sensibilisés, peuvent prévenir les risques, en évitant par exemple de planter certaines espèces exotiques dans leurs jardins ou bassins, ou en ne rejetant pas leurs plantes d’aquarium dans le milieu naturel.
Les jussies sont aujourd’hui des espèces interdites à la vente en France: d’autres espèces devraient la rejoindre.  

Au conseil départemental de la Manche, une initiative de  formation d’une dizaine d’agents du service de l’entretien des routes départementales, a pu voir le jour en lien avec le Conservatoire Botanique de Brest.

Cadre

Formation à l'entretien des routes par le CBN Brest - Photo : B. Micard - CG50Formation à l'entretien des routes par le CBN Brest - Photo : B. Micard - CG50

Pourquoi une telle initiative  et comment a-t-elle été mise en place ?

Les agents chargés de l’entretien des routes sont très présents sur le terrain et notamment sur des milieux envahis (bords de route…). Ils sont donc bien placés à la fois pour mettre en place une surveillance des espèces invasives, mais aussi pour participer à des opérations de lutte.

La formation a été réalisée dans le cadre d’une convention de partenariat entre le conseil départemental de la Manche et l’antenne régionale Bas-normande  du Conservatoire Botanique National de Brest.
 
Catherine Zambettakis, déléguée de cette antenne régionale a elle-même assuré la formation sur une demi-journée.
La rencontre a permis d’aborder une première partie théorique à l’agence routière de Coutances pour former les agents aux risques liés aux plantes invasives, puis de mettre en pratique sur le terrain (Blainville) la reconnaissance des espèces et échanger sur les techniques de régulation des populations. 

Quelles sont les perspectives prévues ?

Désormais, il est prévu que les 10 agents formés diffusent l’information auprès des centres d’entretien des routes répartis sur le territoire du département, et expérimentent la mise en application des techniques de lutte. Du côté du service Environnement, nous relaieront auprès de la Direction des routes les informations et les différents retours d’expériences sur la question de la lutte contre la prolifération des plantes invasives.

Cadre

Photo : B. Micard - CG50Photo : B. Micard - CG50

Cadre

CBN Brest - Antenne Régionale de Basse-Normandie

L'antenne de Basse-Normandie du Conservatoire Botanique National de Brest a vu le jour en 2000, grâce à l'aide du Ministère de l'Aménagement du Territoire et de l'Environnement.

Elle se voit confier les missions du Conservatoire Botanique National de Brest (Calvados, Manche, Orne) :

- en développant de nombreux partenariats régionaux (Conseil Régional, Conseils départementaux, Conservatoire du Littoral...) dans un objectif de prise en compte de la préservation de la flore par ces collectivités ou institutions,

- en assurant un travail régulier de mise à jour de la connaissance de la flore régionale, d’animation d’un réseau de botanistes, de conseil à la gestion

- en contribuant à l’identification des habitats naturels de Basse-Normandie, à l’harmonisation des cartographies des végétations et à l’appui aux gestionnaires.

Cadre

Elle bénéficie de l'appui de services communs localisés à Brest : administration, documentation bibliographique et informatique, conservation ex-situ (banques de semences et cultures), pédagogie et communication.

La création d'une mission de coordination inter-régionale à Brest pour l'ensemble du Massif armoricain assure le maintien de la cohérence d'actions et constitue le garant de la préservation de sa crédibilité scientifique.

Conservatoire Botanique National de Brest
Antenne Régionale de Basse-Normandie
Parc Estuaire Entreprise - Route de Caen
14310 VILLERS-BOCAGE

Tél/Fax: 02-31-96-77-56
E-mail : cbn.bassenormandie@cbnbrest.com

En savoir +

Florence THINZILAL, chargée de mission "espèces invasives" au Conservatoire Fédératif des Espaces Naturels de Basse-Normandie - 320 quartier Le Val Batiment B - 14200 HEROUVILLE ST CLAIR Tél :02.31.53.01.05 ou 06.31.14.29.94

Cette expérience s'inscrit dans le cadre de la Charte de développement durable de la Manche, Planète Manche, Défi biodiversité et ressources en eau : en savoir plus