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La virée de l’alose

Fabien Goulmy -M. CartierFabien Goulmy - Photo : M. CartierQui est l’alose ?

Comme le saumon, l’alose est un amphihalin : c'est-à-dire un poisson qui vit alternativement en eau douce et en eau de mer.  

Elle apparaît dans l’estuaire au début du printemps et remonte le cours de la Vire pour venir pondre aux abords de Saint-Lô avant de mourir.

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L’alose, reconnaissable à la tache noire au-dessus de l’opercule suivie de trois ou quatre tâches estompées - Photo : M. Cartier

L’alose, reconnaissable à la tache noire au-dessus de l’opercule suivie de trois ou quatre tâches estompées

C’est un poisson très vif, cousin du hareng et de la sardine, qui peut peser jusqu’à 3 kg. L’alose est bien connue  en Gironde pour sa chair savoureuse (malgré de redoutables arêtes), mais elle se fait rare et commence à déserter la Garonne et les principales rivières du sud de l’Europe, elle a disparu d'Afrique du nord.

Son intérêt se confirme puisqu’elle est maintenant au cœur des directives européennes pour le maintien de la biodiversité.

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18 barrages ponctuent le cours de la rivière - Photo : M. Cartier

18 barrages ponctuent le cours de la rivière

Pourquoi avait-elle déserté la Vire ?
 
On signale sa présence dans la Vire jusqu’au 19 siècle, puis elle disparaît complètement lorsque  cours de la rivière est jalonné de nombreux ouvrages (moulins, barrages…). Lorsqu’elle remonte la Vire pour se reproduire, l’Alose ne se  nourrit plus, ce qui l’affaiblit, de plus, elle ne possède pas la puissance musculaire ni l'endurance des grands salmonidés, même si elle  passe quand même son existence à nager et  parcourir des distances fomidables ! Elle est arrêtée plus vite par la vitesse de courant que le saumon et n'a pas de comportement de saut pour franchir un obstacle, ce qui rend difficile sa montaison.


Ainsi, les barrages dressés par l’homme l’ont empêchée pendant un siècle de progresser jusqu’à sa zone de reproduction. On peut dire que l’Alose a payé  un lourd tribut aux activités humaines…

Depuis 2002, 18 passes à poissons ont été aménagées permettant aux poissons de remonter marche après marche la hauteur de chaque barrage, ce, même en période de faible crue.


Comment parvenez-vous à compter la population d’aloses ? 

  
Au sortir de la passe, la masse d’eau circule dans un canal aux parois vitrés. Une caméra surveille en continu le passage des poissons. Les images numérisées à l’écran permettent l’identification et le comptage des poissons.

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la  passe à poissons : un  véritable escalier permettant de remonter la rivière - Photo : M. CartierLa passe à poissons : un véritable escalier permettant de  remonter la rivière

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Une caméra, reliée à un ordinateur reconnaît et comptabilise les espèces - Photo : M. Cartier

Une caméra, reliée à un ordinateur
reconnaît et comptabilise les espèces

Les campagnes de piégeage sont réalisées pour observer un échantillon représentatif, soit 10% des aloses. Avec d’infimes précautions, nous identifions l’âge et le sexe des individus, avant de les relâcher.

En caractérisant ainsi la population par son nombre, poids, taille sexe et âge nous cherchons à  apporter une vision générale de la dynamique de l’Alose à partir de leur biologie.


Le retour de l’alose est-il un indicateur de la bonne qualité de l’eau ?

Son retour témoigne certainement que la répartition de l’espèce qui glisse vers le Nord et, bien sûr, l’amélioration significative de la qualité de l’eau  leur est  bénéfique. Cet équilibre reste pourtant fragile : avec une seule zone de frai, l’irrégularité des crues et la prolifération des algues, l’alose connaîtra  encore des épisodes critiques découlant de l’activité humaine. 

La renaturalisation de la Vire est un enjeu important pour l’alose dont la recolonisation est a valeur patrimoniale en terme de biodiversité, de pêche et de tourisme pour le Val de Vire.»

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Les Claies de Vire : un observatoire de la biodiversité

Prenant sa source aux confluents des trois départements bas-normands, la Vire se jette dans la Manche en formant, avec la Douve voisine, la Baie des Veys. Ce petit fleuve, d’une longueur de 120 km a était une voie navigable de 1825 à 1926 où l’on transportait la tangue jusqu’à Saint-Lô. De cette histoire, résulte un compartimentage du fleuve, jalonné de nombreux ouvrages et pas moins de 18 barrages.

C’est sur la commune de la Meauffe que l’observatoire des claies de Vire a été bâti à la place d’une ancienne écluse ouverte dans le barrage d’un moulin.

Depuis 2002, la plateforme permet l’étude des poissons migrateurs : aloses, truite de mer, saumon atlantique où les données recueillies guident à la gestion de ces populations sauvages.
Très prisée du public à la belle saison, l’observation du piégeage des poissons est l’occasion d’échanges sur l’intérêt des travaux menés et la préservation du biotope.

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Les Claies de Vire- Photo : M. Cartier

Les Claies de Vire- Photo : M. Cartier

Cette expérience s'inscrit dans le cadre de la Charte de développement durable de la Manche, Planète Manche, Défi biodiversité et ressources en eau : en savoir plus