Les violences

Les violences dont tu es ou as été victime, ou dont tu es ou as été témoin ont de graves conséquences sur ta santé physique et psychique.
Les violences sont une atteinte à tes droits.
Les agressions, les coups, les insultes, les paroles humiliantes, mais également les actes sexuels qu’un adulte ou un autre jeune t’impose alors qu’ils n’ont aucun sens pour toi, que tu n’en veux pas ou que tu ne te sens pas prêt(e), ne sont pas « normaux ». Ce sont des infractions que la loi punit en tant que délits et même en tant que crimes (comme le viol). 
 
Tu as des droits, tu peux être aidé(e) et tu dois être protégé(e).
Les conséquences des violences sur ta santé peuvent être soignées

Est-ce-qu’il t’arrive...

... de te sentir très seul(e), abandonné(e), déprimé(e), angoissé(e), très mal dans ta tête comme dans ton corps,
d’avoir des flashbacks (des images du passé), des pensées,
des sensations et des images de violences qui te hantent, d’avoir des insomnies, de faire beaucoup de cauchemars…
 
... de te sentir déconnecté(e), paralysé(e), vide, absent(e), en train de jouer un rôle (d’une fille ou d’un garçon qui va bien, qui est souriant(e), qui ne pose pas de problème), comme si tu étais quelqu’un d’autre, comme si ton corps n’était pas le tien, d’avoir honte de toi, de penser que tout est de ta faute, de ne plus avoir confiance en personne, de te sentir différent(e), nul(le), incapable, moche, sans aucune valeur, d’avoir peur de devenir folle ou fou.
 
... d’avoir peur tout le temps, de faire attention à tout, de tout contrôler, de faire des crises de panique (avec le cœur qui s’emballe, la respiration bloquée, des tremblements, la nausée, l’impression de mourir), d’éviter certaines situations ou certains endroits qui t’angoissent trop (phobies), ou certains sujets de conversation ; de te sentir nerveux(se), d’avoir des colères que tu ne comprends pas, des pensées extrêmes qui te font peur, de ne plus avoir envie de rien, ni de voir tes copines ou tes copains, ni de sortir, ni de travailler à l’école, ni de parler, ni même de penser, d’être tout le temps fatigué(e) ; d’avoir envie de mourir,
de te suicider ; d’avoir du mal à retenir tes cours, à te concentrer, à réfléchir, à tout oublier.
 
... de faire des choses sans pouvoir t’en empêcher, même si
tu ne comprends pas pourquoi tu le fais, comme d’avoir des
problèmes avec la nourriture (anorexie et/ou boulimie), de
te mettre en danger (en voiture ou en deux-roues, lors d’activités sportives, en participant à des jeux dangereux, en traînant dehors avec des gens que tu ne connais pas, en faisant des fugues,
en provoquant des gens que tu sais agressifs et plus forts que toi,
en traversant n’importe comment), d’avoir des comportements sexuels à risque (sans se protéger, avec beaucoup de partenaires, avec des inconnus, en s’exposant sur Internet, en se prostituant), d’être agressif(ve) et/ou auto-agressif(ve) (te scarifier, te blesser ou te brûler exprès, faire des tentatives de suicide), devenir « accro » (à l’alcool, à une drogue, au tabac, à des médicaments, à des jeux vidéo ou des jeux d’argent, à la sexualité), de voler dans des magasins, de dégrader des biens publics.
 
... de penser que ta vie est une guerre où tu dois survivre, sans espoir d’en sortir, avec un avenir qui fait peur.

Et si ton mal-être était lié à des violences subies ?

Peut-être penses-tu être « pas doué(e) pour la vie », « trop sensible » ou « né(e) comme ça », ce n’est pas vrai : toutes ces difficultés et attitudes que tu as s’expliquent, ce sont les conséquences habituelles des violences. Ces conséquences viennent des réactions de ton cerveau pour te permettre de survivre aux violences et peuvent être soignées.
 
Ces problèmes sont les conséquences normales de situations anormales. Aujourd’hui, on sait que ce sont les preuves d’une « blessure intérieure » causée par les violences : le psychotraumatisme.

C’est quoi les violences ?

Les violences, ce sont des menaces ou des utilisations intentionnelles de la force physique ou du pouvoir contre toi, pour te faire mal, te soumettre ou t’utiliser, violences qui entraînent ou risquent d’entraîner un traumatisme physique ou psychologique, un mal-développement ou des privations.
 
Elles peuvent être

> verbales : insultes, cris, hurlements, silences, faire comme
si tu n’existes pas.

> matérielles : t’interdire de manger, refuser de te soigner,
de te laisser choisir tes ami(e-s), de t’acheter ce dont tu as besoin pour t’habiller, pour tes études, pour ta vie de tous les jours, t’empêcher de faire des choix qui te concernent, de prendre une contraception, de faire une interruption de grossesse, ne pas respecter ton intimité (chambre, salle de bain, courrier, téléphone, ordinateur), confisquer tes papiers, détruire des affaires personnelles.

psychiques : avec des contraintes, chantages, humiliations,
dénigrements (te rabaisser par tous les moyens), harcèlements, manipulations, menaces (de te frapper, de te tuer, de t’abandonner…).

physiques : avec des coups, blessures, brûlures, violences contre des objets pour faire peur, ou avec des objets (frapper avec une ceinture, un balai, des chaussures, une cuillère en bois, etc.), séquestration - être enfermé(e), menaces et tentatives de meurtre (strangulation, noyade, … avec armes).

Les violences sexuelles

> viols ( l'article 222-23 du code pénal): ce sont des pénétrations de nature sexuelle, des pénétrations vaginales, orales ou anales, avec le sexe, les doigts ou un objet, des pénétrations qu’on te fait subir ou que l’on tente de te faire subir avec violence, menace, contrainte ou surprise. C’est un crime contre ta personne, un crime qui est considéré comme plus grave si tu as moins de 15 ans, si tu es handicapé(e), si l’agresseur est un adulte qui a une autorité sur toi (quelqu’un de ta famille, qui te garde, qui te soigne, un moniteur, un enseignant…) ou s’il y a plusieurs agresseurs ensemble (viols collectifs).

> agressions sexuelles (Article 222-22 du code pénal): si on touche ou tente de toucher des parties sexuelles de ton corps (seins, fesses, parties génitales), si on t’oblige à voir ou à toucher des parties sexuelles d’autrui ou à faire ou regarder des actes sexuels, si on t’embrasse ou tente de t’embrasser, alors que tu ne le veux pas, que cela ne te plait pas, si on prend des photos ou des vidéos de toi, ou si on te contraint à voir des films pornographiques.

> atteintes sexuelles (Article 227.25 du Code pénal): si tu as moins de 15 ans aucune personne majeure de plus de 18 ans n’a le droit d’avoir des comportements sexuels avec toi (t’embrasser, te toucher sexuellement, te montrer ses parties génitales, te montrer des images ou des films pornographiques, se masturber devant toi, vouloir te voir faire des actes de nature sexuelle, avoir des rapports sexuels avec toi), même si c’est sans violence, ni menace, ni contrainte, ni surprise. Même si tu penses que tu le veux bien : la loi considère que tu n’as pas la maturité suffisante pour savoir vraiment ce que tu veux par rapport à une sexualité adulte, et que tu ne pourras pas facilement dire non à un adulte qui te demande des actes de nature sexuelle.
 
Et si tu as entre 15 et 18 ans la loi considère qu’un adulte qui a une autorité sur toi n’a pas le droit d’avoir des comportements sexuels avec toi.
 
> inceste article 222-31-1 et article 223-31-2: atteintes, agressions sexuelles ou viols qui sont commis par quelqu’un de la famille (tes parents, beaux-parents, grands-parents, tes frères et sœurs ou demi-frères et demi-sœurs, tes oncles et tantes, tes cousins et cousines), la loi considère que l’inceste est une des situations les plus graves concernant les violences sexuelles faites aux enfants ou aux adolescents, la loi parle de circonstances aggravantes.

> harcèlement sexuel (LOI n° 2012-954 du 6 août 2012 relative au harcèlement sexuel) : c’est le fait de t’imposer de façon répétée des propos ou des comportements qui sont sexuels et qui portent atteinte à ta dignité en raison de leur caractère dégradant ou humiliant, ou qui créent une situation intimidante, hostile ou offensante pour toi, et de faire pression sur toi pour que tu acceptes des actes sexuels.

> bizutage (article 225-16-1 du code pénal) : le fait de t’amener contre ton gré ou non, à subir ou à commettre des actes humiliants ou dégradants, notamment à connotation sexuelle, lors de manifestations ou de réunions liées au milieu scolaire et socio-éducatif.

> exploitation sexuelle (traite) (article 225-4-1 du code pénal) : te faire faire des actes de nature sexuelle contre de l’argent ou des avantages (comme un logement, un travail) : prostitution, pornographie.

> mariages forcés : si ta famille fait pression sur toi et t’oblige
à une union, qu’elle soit civile, religieuse ou coutumière contre ta volonté.

> mutilations sexuelles (article 222-16-2 du code pénal) : mutilation d’une partie des organes génitaux féminins, excision, infibulation. Si la fille mutilée a
moins de 15 ans c’est un crime, au-delà de 15 ans c’est un délit. La loi française s’applique aussi lorsque la mutilation sexuelle féminine est commise à l’étranger.

Les violences

même quand elles n’arrivent qu’une seule fois,
portent atteinte à ta personne,
elles sont une mise en scène mensongère
pour te faire croire que tu n’as pas de valeur,
que tu dois te soumettre,
que tu ne t’appartiens pas et que tu n’es qu’un objet,
que tu es coupable et que tu les as bien méritées,
et parfois même que tu n’as pas le droit de vivre :
Ce n’est pas vrai, c’est faux !
Tu n’es jamais responsable des violences que tu subis,
c’est celui qui est violent qui est responsable.