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MATTHIEU ALLUIN

16/01/2017

Le goût du partage

Il a la mer jusque dans le bleu des yeux. À 38 ans, le patron du plus grand voilier en bois de France se veut fervent ambassadeur de la Manche et de son patrimoine.

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« Dès qu’on quitte le port, la magie du Marité prend avec les passagers. » Une magie qui, dit-il, tient dans l’histoire du trois-mâts goélette, des bancs de Terre-Neuve à la Seconde Guerre mondiale, son abandon et sa restauration, jusqu’à nos jours, où il vogue dans sa sixième vie. « C’est un bateau très agréable, surprenant, un « gros pépère » qui, une fois lancé, permet de belles navigations à la voile. » 45 m de long, 250 tonnes, 650 m² devoilure, Matthieu connaît parfaitement sa monture, mais en apprend chaque jour un peu plus, aussi perfectionniste que son équipage. Nulle routine dans son quotidien, où chaque sortie est une nouvelle aventure.

 

Enfant, le Granvillais passait ses étés sur le voilier de ses parents, avec pour terrain de jeu la Manche, la Bretagne et les Anglo-Normandes. « Dès la 6e, j’ai su que je ferais ce métier. Je voulais partager ma passion, être dans l’humain. » Monitorat de voile et brevet de skipper en poche, il a commencé sur des petites unités, pour l’entreprise locale Grune Sec, puis enchaîné des navires de plus en plus gros, la bisquine La Granvillaise, L’Étoile de France malouine, et en 2013, le groupement d’intérêt public (GIP) du Marité lui a confié la barre. « Je foule le pont d’un bateau assez extraordinaire, qui a traversé quelques océans, quelques décennies, des histoires de pêcheurs, de marins... »

« Le lever de rideau »

Avec ses six équipiers, il adore raconter cette histoire aux 74 visiteurs embarqués à la journée. « On s’y prépare comme pour une pièce de théâtre et une fois qu’arrivent les passagers, c’est le lever de rideau. » Pédagogues, ils enseignent la navigation à l’ancienne, mettent tout le monde à la manœuvre, et le soir venu, les sourires sont là. D’autant qu’ils reviennent de la Baie du Mont- Saint-Michel ou de Chausey. Matthieu a sillonné les Antilles, le Brésil, Cap vert, les Canaries…, mais c’est l’archipel granvillais qu’il préfère. « C’est un peu mon jardin, où j’ai grandi, le paradis sur terre ! Du fait des marées, les paysages et les lumières changent tout le temps. »

 

Il alterne les navigations locales et celles au long cours, sans passagers cette fois, mais avec le même goût du partage. Pavoisé aux couleurs de la Normandie, le Marité délivre les richesses de son territoire d’attache, de port en port. Cette année, ce sera dans le golfe du Morbihan, au festival du chant marin de Paimpol, au départ de la Transat Jacques Vabre et en Méditerranée… Autant d’occasions d’ouvrir les visites au public et leur faire découvrir la Manche. « On met en place un musée à bord, avec le Département (membre du GIP, NDLR). Le bateau doit sa renommée à l’émission Thalassa, mais les gens ont bien conscience qu’il est normand. C’est un outil touristique, un atout pour Granville et la Manche. »

 

Chaque hiver, c’est la révision du mastodonte. Mécanique, électricité, plomberie, voiles, cordages, poulies…, tout est passé au crible. Un travail à terre que le père de famille apprécie, le regard azur tourné vers le prochain départ, en avril.

 

INFOS WEB



Source : Manche mag' n°55 (janvier-février-mars 2017)

 

 


 

 




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